A propos de la raison, Par Raymond Procès

La maladresse de l’action humaine peut-elle être attribuée à une sorte d’ignorance innée ? L’homme est ignorant, il reste dans cet état tant que sa recherche ne lui délivre pas une vérité et parvenu à cette vérité, il demeure encore ignorant car il ne croit pas comme vérité absolue la solution qu’il met à jour. Ainsi à chaque instant il renouvelle son ignorance en déclarant son incompétence.

Platon nous dit :

« Qu’on ne pêche que par ignorance, parce qu’en faisant le mal on va à l’encontre de son véritable bien et qu’un homme raisonnable ne saurait volontairement commettre ce qui lui est préjudiciable ».

Platon suppose donc l’existence d’hommes raisonnables et jette au pilori ceux responsables d’actes préjudiciables. N’est-ce pas se berner que de prétendre vraie cette affirmation ?

A quel individu doit-on décerner le prix de raison ? La raison serait en fait la soumission sans défaut au contrat d’ordre moral approuvé par le plus grand nombre. Il est louable de présumer que l’homme vertueux puisse craindre le mal et par là même se refuserait à le commettre car contraire à sa sensibilité. Mais un tel comportement est-il la résultante d’un effet raisonnable ? Qu’aurait à faire la raison dans une telle orientation des convictions établies ? Ne faut-il pas plutôt parler de pression, de loi, de châtiment, de punition ? Si l’individu ne s’adonne pas au mal comme il est défini par l’éthique religieuse et moraliste, c’est qu’avant tout il redoute l’affliction qui s’y adjoint dès lors que les institutions l’ont proscrit de l’ordre social.

Il n’est nul besoin de penser pour accomplir un acte irrévérencieux. L’homme le plus raisonnable qui soit n’est pas à l’abri d’un geste inconsidéré. Pourquoi ce manque d’obédience à une ligne de conduite à caractère strict ? Une réponse bardée de simplicité s’extrait sans craindre la moindre contestation.

L’esprit humain est une entité particulière qui renie le mot attachement. Sa liberté est pleine et entière, il consent à se laisser brider mais malgré tout, il tourne dans sa prison comme un fauve en cage.

Le stress tant brigué au sein de nos sociétés modernes, est significatif de la contrainte incessante que ressent notre cerveau contingenté. Ne croyez surtout pas que le stress de la pensée humaine soit un phénomène de notre modernité ! Il s’agit d’une expression d’un sentiment intrinsèque de l’esprit depuis la nuit des temps. Pourquoi ? Parce que la pensée humaine recherche sa sublimation ultime et tant que l’apothéose psychique ne sera pas atteinte, il ne prévaudra aucune forme de stabilité dans le comportement de l’homme.

Qu’ils soient qualifiés de raisonnables ou d’irresponsables, les deux protagonistes sont des possesseurs d’un cerveau et par la même de raison. La seule différence s’établit dans le fait qu’il en est un qui trouve la force d’éduquer sa révolte intime alors que l’autre trop assoiffé de liberté, laisse graviter la volonté de son inconscience.

 

Notre honorable philosophe M. Platon arguait une grande vérité par une vraie question :

« Ne sais-tu pas que, quand on veut enseigner quoi que ce soit, il faut le savoir soi-même ? N’est-ce pas vrai ? »

Les hommes érudits et raisonnables veulent enseigner aux autres comment agir pour vivre au mieux. De tous temps ce fut l’unique prérogative de ceux qui se sont mis à la tête des peuples. Ils se veulent guide universel, toujours en quête d’une révélation d’où naîtra le bonheur de l’humanité.

Les guerres ont lieu, la misère perdure. La faim et la soif de milliers de gens restent en l’état. Combien d’intellectuels, de scientifiques, ont écrit des dizaines de milliers d’ouvrages sur toutes les calamités qui recouvrent notre humanité.

Les hommes à chaque époque ont analysé les événements, débattus en conciliabule. Ils n’ont cessé de pratiquer la dialectique de l’intelligence et la mise à nu de la raison. Actuellement la chose est encore plus évidente, la technicité des médias est telle que tout le monde est à même de percevoir les débats télévisés, les choses qui se produisent aux quatre coins du monde.

Alors quoi de neuf ? Pourquoi a-t-on vainement l’impression que tous parlent ou écrivent dans le vide ? Qu’a-t-on changé avec nos analyses les plus exhaustives ?

La fin de la guerre ? La fin des famines ? La fin du chômage ? Rien de tout cela, zéro pointé, pour cet agrégat de matière grise. Les moutons sont indéfiniment semblables et les commandeurs, de même. La seule vérité inébranlable concrétise son enfantement dans la mise en œuvre de la notion du profit.

Le profit est l’élément exclusif que l’homme a inventé. Le désir de s’approprier des biens caractérise la poussée motrice qui annonce la déstabilisation de l’esprit. En conséquence; la société dans sa globalité repose sur cette sorte d’industrie qui s’apparente à la seule garantie de se prévaloir d’un mode vie progressif. La richesse ne se confond pas à la magnificence de notre sublime cerceau. Mais plutôt à la quantité d’argent potentiellement cumulable. Tous les efforts de tout un chacun tendent vers cette unique évidence.

L’homme crée un système d’inégalité, dont il ne peut changer la progression. Si la nature en donnant vie à l’espèce humaine contribua à sa perte, l’homme en édifiant le profit Å“uvre à la destruction de sa nature originelle.

On peut consentir à l’élaboration de choses utiles au bien être de l’individu. Mais la perversion de l’intérêt d’argent a dévié l’aspiration de la pureté de l’esprit. Le bénéfice n’a pas un seul but communautaire. Il montre avant tout l’attrait du besoin privé. Il survient un ordre hiérarchique dans l’attribution des aisances récoltées, et la classification des individus devient opérante. Le concept de propriété domine les hommes et les place en des catégories diverses. L’aliénation est à son comble et la civilisation argent traîne son boulet d’infortune pour encore bien des siècles, à moins d’une rupture brutale.

L’hypocrisie s’allie au mensonge, la jalousie envoûte l’esprit. La société s’attribue une absurdité indescriptible. L’homme raisonnable n’existe pas, puisque toutes les nations acceptent un conditionnement des plus insupportables. Et effet, les plus défavorisés sont bafoués et frustrés régulièrement, alors que l’artifice des milieux aisés ne fait que croître.

Peut-on dire devant ce constat, que l’être humain tire une leçon des expériences vécues ? Les écrivains, les scientifiques, les grands analystes, les bibliothèques, les maisons de la culture, les politiques etc. ne sont que pure contradiction. Le monde évolue, passent les siècles avec les mêmes problèmes. La technicité s’impose, la belle affaire. Nous vivons plus vieux, merci la science ! Mais le bonheur est-il là ? Nous aurions pu croire en l’être intelligent que nous pensions être que la meilleure organisation sociale consisterait à offrir à la condition de la majorité le bien être le plus élogieux qui soit.

L’esprit de partage devrait raisonnablement aboutir à une amélioration de l’entraide humaine.

 

http://raymond_proces.publibook.com

Autre publications sur les même dates : 2009/Mars/28

Laisser un commentaire


Je blog

La théorie du complot fait couler beaucoup d'encre. On vous propose de tout : Des arnaques mondiales qui enrichisses des entreprises au détriment
Windows Vista : internet ne fonctionne plus. Je ne peux plus aller sur les sites Internet depuis le navigateur qui me laisse une page blanche . Pourtant
A Manhattan, Mulberry Street, entre Baxter et Mott Streets, est la rue qui représente l'axe nord/sud, sur lequel est centré ce qu'il reste de Little
Dreadlocks, appelés également des lock ou des dreads, sont de lourdes bobines de cheveux emmêlés qui finissent par fusion ne former qu'un un seul

Lire

Les recettes amoureuses du jardin coquin : Un petit livre rose de recettes aphrodisiaques pour les couples amoureux, ou qui souhaitent le rester !
Ah !… le temps qu’on passe aux toilettes ! Voici enfin un moment de paix, où l’on est face à face avec soi-même, où l’on se retrouve et
Fort de nouveaux dossiers sur différents thèmes Kibodio s’affirme comme le nouveau couteau suisse du web dans les domaines de l’enfance, de l’éducation
Le monde de la voyance voyants et charlatans est un ouvrage écrit par Alain HERAMBOURG (journaliste d’investigation) et Youcef SISSAOUI (président

Portail Thématique

Le portail thématique vous propose des articles qui suivent l'actualité de nos auteurs.

Publier un article

Publiez vous aussi votre article sur Megacherche.
Comment ajouter un article?

Dossiers:

Chercher :


Top recherches

Tag cloud